Participants : Sandrine Crelier, Yves Meyer, Xavier Bédat, Michel Stauffer (cdc)
Le week-end de ski de randonnée au Grand-Saint-Bernard s’est déroulé dans des conditions
très sportives par les défis et la météo. Il a néanmoins réjoui les participants qui semblent
avoir eu besoin de plusieurs jours pour caser les souvenirs dans « leur valise ». Il faut dire
que la région a vraiment quelque chose de mystique. Par le site de l’hospice, fondée par St
Bernard de Menthon au XIe siècle, a toujours été occupé jusqu’à ce jour. Lieu de spiritualité
et d’accueil, son histoire est aussi liée à l’aventure d’une race de chien dont le plus célèbre
Barry a donné son nom à une marque de DVA bien connu « Barryvox ».
Si le plateau suisse et le Jura est baigné de soleil ce samedi, la région amont de l’Entremont
est balayée par un petit vent assez froid. Peu importe, le groupe est motivé et prêt pour le
départ au parc du tunnel, bien connu des randonneurs du CAS Jura, surtout lorsque la neige
est soufflée à l’horizontal. L’objectif est clair est bien visible car plus on avance vers le sud
par le Pont de Maringo, La Pointe de Babylone s’impose comme une destination bien prisée.
Le coup d’œil sur les sommets voisins comme le Mont Mort, la Pte de Drône ou l’Aiguille du
Velan forme une superbe couronne qui semble nous protéger malgré l’hostilité des parois
très peu enneigées pour la saison.

Dès que l’on quitte la trace bien damée sur la route du col, la neige devient changeante et
alterne entre poudre et glace. Les couteaux s’imposent pour une marche plus sûre et
confortable jusqu’au sommet. C’est déjà le moment du pique-nique montagnard qui
s’effectue dans une petite dépression à l’abri du vent. Le groupe repart, réjoui unanimement
par un décor magnifique où l’on aperçoit au loin l’hospice et la Combe des morts. Le rythme
est bon, surtout dans les pentes montantes douces, qui doit nous conduire à la dernière
difficulté – un peu raide – du sommet.
Le groupe qui nous précède décide de renoncer à poursuivre. Nous découvrons plus tard la
justesse de cette décision. Une longue série de conversions, pas toutes simples, nous permet
d’atteindre enfin le sommet à 2804 m sur une pente d’env. 40o. Une grande volonté anime
le groupe, même les moins aguerris. Bravo ! Le panorama – côté suisse et italien, avec le
Grand Paradiso– est tellement splendide qu’il comble chacune et chacun. Malgré les
différents types de neige – par place de couleur saharienne – et quelques cailloux, la
descente est un véritable plaisir.
Le retour et le rétablissement à l’hôtel du Grd St Bernard de Liddes sont bien appréciés.
Spécialement un repas qui compensera aisément la quantité de calories dépensées durant la
journée. Une belle entrecôte, accidentellement nommée Grd St Bernard(!) réjouit le groupe.
C’est le moment de motiver la troupe pour la journée du lendemain qui doit nous conduire à
l’hospice et au Mont Fourchon, voisin du Pain de Sucre pour les connaisseurs. D’après les
annonces, la nuit s’annonce bruyante (!). Heureusement, il n’en fut rien ou presque…
Le dimanche, un coup de téléphone tôt le matin, aux frères de l’hospice, nous indique qu’il
neige au Col et que le vent souffle avec une température de -12. Le plan B se précise et c’est
une fois franchi le Pont Maringo que l’on décidera de l’objectif du jour.
Ce qui est fait vers 9h30 avec un peu de vent, une température acceptable et des
éclaircissements du ciel. Nous décidons de monter en direction des Monts Telliers ou de la
Dent du Grand Lé. Selon l’évolution de la météo nous pourrons toujours redescendre et
couper en direction de l’hospice. Heureusement, le ciel se dégage et l’intensité du vent
faiblit. Cap sur les Monts Telliers, un peu plus long que la Dent mais une montée plus
accessible. Pour certains, l’approche s’effectue plus facilement avec les couteaux et très vite
c’est le pique-nique avant d’attaquer la dernière montée. Un vent froid a gelé le sommet et
c’est à pied que nous terminons l’approche finale. Les conditions exigent une bonne
concentration si on veut éviter une glissade dangereuse. Plusieurs autres randonneurs
avaient même chaussé les crampons. Une vue magnifique sur les lacs de Fenêtre,
naturellement gelés, et sur la Dotse, connue des randonneurs jurassiens, s’offre à nous.
De là, nous pouvons quand même admirer le côté W du Mont Fourchon. L’objectif est
atteint. Bravo aux participant(e)s pour leur excellent état d’esprit et la qualité de leur
technique de ski. Tous méritent un joyeux retour au foyer. A l’année prochaine pour une
nouvelle découverte avec pourquoi pas une nuit chez les chanoines de la Congrégation du
Grand Saint-Bernard.
Michel