Participant-e-s : Carine, Lydie, Patrick, Théodore, JB
1er jour : de Bourg-St-Bernard à la cabane Valsorey
Nous nous sommes levés tôt ce jeudi 17 mars, toute la petite troupe va prendre le train pour se retrouver pour notre périple de 4 jours entre Bourg Saint-Bernard et Arolla.
Le groupe se forme au fur et à mesure du trajet, Carine Jean-Bernard et moi retrouvons Théodore à Vevey, Lydie nous rejoint à Martigny.
Après un café rapide à la Gare d’Orsières, toute l’équipe embarque dans le bus qui nous emmène à Bourg Saint-Bernard, point de départ de notre course.
Petit programme insolite, nous devons récupérer avant de partir, le livre d’Or de la cabane de Valsorey afin de l’apporter aux gardiennes qui l’ont oublié quand elles sont montées le jour avant.
Il est environ 10h00 quand nous arrivons sur le parking, heureusement les conditions de neiges nous permettent de chausser les skis immédiatement. Nous voici en route en direction la Croix de Tsousse pour ensuite rejoindre la cabane de Valsorey (3034 m) ou nous passerons notre première nuit.
Le soleil est présent, mais un peu voilé par les sables du Sahara, la première partie de la montée se fait facilement en évitant quelques tâches herbeuses et quelques cailloux que le soleil a déjà fait apparaitre. La neige n’est pas abondante, mais toute la course du jour pourra se faire sans déchausser les skis.
Après un pique-nique à la Croix de Tsousse et une courte descente, nous remettons les peaux pour attaquer la deuxième partie de la montée. Les 1600 mètres de D+ mettent à rude épreuve les organismes, mais nous arrivons toutes et tous à la cabane ou les deux gardiennes nous attendent devant la porte.
Le poêle de la salle principale a du mal à réchauffer les corps et les équipements, mais le repas du soir est servi et nous permet de nous réchauffer un peu et de récupérer des forces. Après le repas et un bon café, Théodore et JB s’attaquent à la vaisselle, les gardiennes accueillent avec plaisir les deux commis du jour. Une bonne nuit de sommeil va nous permettre de récupérer pour la suite de notre voyage.
Patrick
2ème jour : de la cabane Valsorey à la cabane Chanrion
Voilà notre premier réveil en cabane, 5h20 ! Hé oui, si la vie en montagne a un prix, c’est avant tout celui des grasses mat’.
Nous partons sans encombre une heure après, aujourd’hui est une journée de « récupération active » paraît-il. Les deux premières heures sont les plus intenses, passage d’un col avec portage qui brûle bien les cuisses ! Une fois ce passage passé, nous nous dirigeons plus tranquillement vers la grande tête de By, sommet culminant à 3587m.
L’horizon est encore bien saturé de sable du désert mais le ciel est au beau fixe ! Nous descendons ensuite le glacier du Mont Durand, nous amusant sur son terrain vallonné. Pause pique-nique avec vu sur le mont gelé et la cabane Chanrion; prochaine étape en vue !
Arrivée à la cabane vers les 15h, ébahi par les locaux, baies vitrées, douches chaudes, accueil en or, sans parler des talents des cuisinièr.es! Nous prenons le temps de profiter de ce confort, au vu de la suite !
Lydie
3ème jour : de la cabane Chanrion au bivouac de l’Aiguillette à la Singla
Nous sommes partis au lever du jour en commençant par une petite descente bien glacée suivie d’une longue remontée du glacier d’Otemma.
Puis nous avons bifurqué et gravi le glacier de Blanchen un peu plus pentu, pour atteindre le bivouac de l’Aiguillette à la Singla juste avant midi.

C’est une magnifique cabane de 12 lits,située sur un éperon rocheux ,dominant le cirque de glaciers . Personne n’y était venu durant les derniers jours, donc il a fallu recréer le chemin d’accès aux commodités. Ce qui n’était pas une mince affaire vu la pente neigeuse et la longueur. Merci à l’énergie débordante de Théodore, assuré par JB et aidé de Patrick, pendant que les dames s’affairaient à la cuisine pour faire fondre de la neige.
Après une légère collation, on a décidé de gravir Aouille Tseuque 3554m (rien que le nom en vaut la peine), un sommet juste à côté du bivouac.
Les gars ont dû un peu lutter pour trouver et réussir à passer la première pente d’accès, pendant que Lydie et moi nous les regardions assez dubitativement… Mais après avoir entendu JB crier : »c’est bon, ça passe..Facile ! », plus moyen de reculer !
Nous avons atteint le col (pendant que Théodore est monté au sommet) et sommes redescendus car le brouillard menaçait et la descente était assez raide.
Puis nous avons passé la soirée en compagnie de 5 personnes de la section du Chasseron (à qui appartient cette cabane) qui venaient faire un peu d’intendance. L’ambiance était très sympathique et ça a réchauffé un peu la température glaciale du lieu. Et de terminer en constatant que personne ne s’est déshabillé pour passer la nuit !!
Carine
4ème jour : du bivouac de l’Aiguillette jusqu’à l’Evêque, puis Arolla
Dimanche matin réveil difficile. Le thermomètre affiche -3°C… dans le refuge.
Exceptionnellement, le réflexe de chacun.e au réveil est d’enfiler ses chaussures de skis. Le déjeuner est composé de café soluble et de cracottes nature, le Nutella étant gelé et inétalable.
Le départ se fait en crampons pour quitter le bivouac de l’Aiguillette à la Singla. La descente qui suit à skis finit de nous congeler et c’est avec bonheur que nous pouvons enfin mettre les peaux et entamer la montée.

Après deux heures de balade pour atteindre le bout du glacier d’Otemma, nous faisons route non sans appréhension vers l’Evêque 3716m qui nous domine de toute sa splendeur. Arrivés au col, la vue se dégage sur le Cervin et la Dent d’Hérens. Les trois garçons se hâte d’enfiler leurs crampons. En effet les filles préfèrent bronzer au col et J-B a comme objectif de dépasser les deux cordées qui nous devancent. La première est dépassée au forceps, la seconde grâce à la finesse tactique du chef de course (foncer tout droit dans la face).
Nous arrivons donc sur un sommet vierge, duquel toute les Alpes sont visibles. La cerise sur le gâteau de la haute route !
Le reste de la journée consiste en rejoindre les Vignettes, puis Arolla. Deuxième cerise pour notre gâteau, la Yourt est ouverte et nous avons une heure à attendre le bus. Jamais une bière n’aura autant été méritée (sûrement).
Théodore
