PORTRAIT
Matthieu Fournier, présentateur de PAJU,
31 ans, marié, un fils de 16 mois
JURalpes : Qu’est-ce qui t’a mené à la montagne?
Matthieu Fournier: Simplement la famille, grâce mon père qui était guide de montagne et ma mère qui nous a toujours emmenés avec eux. Je retrouve des photos sur lesquelles on me voit escaladant un rocher à 3 ans. Ils nous ont transmis leur passion à moi et à mon frère en nous ouvrant grand la voie de la montagne.
Qu’est-ce qui te fait y retourner ?
C’est le travail qui m’avait un peu empêché d’y retourner. Avec la vie de famille et mon travail de journaliste, c’était devenu compliqué. C’est PAJU qui m’a permis d’y passer à nouveau beaucoup de temps. J’y prends beaucoup de plaisir et cela me permet de montrer la montagne aux Suisses.
Soyons clair: c’est le job de rêve, non?
Pour moi c’est le job de rêve, oui. Mais j’ai de nombreux collègues pour qui ce serait un travail infernal! Devoir marcher autant, porter des sacs lourds, se retrouver dans le froid pour raconter une histoire qu’on pourrait très bien raconter dans un jardin botanique ne va pas de soi pour tout le monde. Mais moi, je ne pourrais pas rêver mieux à la RTS.
Justement, en tant que présentateur de PAJU, que souhaites-tu transmettre de la montagne?
J’espère sincèrement transmettre le goût du beau de cette nature-là. La curiosité d’aller voir à quoi ça ressemble. Je crois que cette beauté donne envie aux gens de prendre soin de la montagne. PAJU n’est pas une émission engagée écologiquement, mais implicitement. Notre message est d’inviter à chercher le beau, le simple et de le préserver et par cela de préserver la nature.
Dans PAJU, nous t’avons vu à ski, à pied et à vélo. Mais quel est le meilleur moyen de découvrir la montagne?
Le plus agréable, c’est quand même la peau de phoque. Ce n’est pas beaucoup plus compliqué que la marche en montée et on prend un tel plaisir en descente! C’est une vraie évasion ! Le tout accompagné de quelqu’un qui connaît bien le terrain pour ne garder que le plaisir, sans l’inquiétude.
Et qu’est-ce qui nous attends dans les prochains épisodes? Un tour à cheval Franche-Montagne ?
Ce serait pas mal ça, je n’y avais pensé! Il y aurait un certain cachet à faire le Raimeux à cheval. En fait, en 2020 nous ferons la tournée des points culminants de chaque canton suisse. Nous allons essayer de multiplier les moyens de locomotion pour poursuivre nos découvertes. Marche, parapente, luge et même ski de fond sont envisagés alors pourquoi pas le cheval des Franches-Montagnes?
Tu sembles bien connaître les Alpes. Peux-tu en dire autant du Jura?
Par rapport au Valaisan standard, je ne m’en sors pas trop mal! Je ne peux pas citer tous les sommets du Jura mais j’ai quand même fait le Raimeux en partant de Rebeuvelier et «la Spéciale» à Moutier en me lançant dans le 6b au lieu du 5a comme une andouille (sic). (Pas comme une andouille: comme tout le monde! Ndlr). C’était ma première grimpe de l’année et je dois avouer que ce n’était pas très élégant.
Qu’est-ce que tu y apprécies particulièrement?
Les jurassiens! Ils sont sympathiques, joyeux, cordiaux et il règne partout une atmosphère de village où les gens se saluent et discutent volontiers même s’ils ne se connaissent pas. Ensuite, les paysages jurassiens qui sont très riches et diversifiés pour un si petit territoire. L’été passée à vélo je suis passé en un jour de Delémont aux Franches en passant par Saint-Ursanne, c’est varié, beau et sauvage et comme je n’ai rien contre les éoliennes, j’admire vraiment la région dans sa globalité.
- Un livre de montagne à nous proposer? La trilogie de Premier de Cordée – La Grande Crevasse – Le Retour à la Montagne qui a donné son nom à mon fils: Zian. C’est un classique qui fait rêver et par lequel il faut passer.
- Un sommet? Le Bietschhorn que je voyais tous les soirs en rentrant du collège. Et que je vois tous les jours au-dessus de chez moi. C’est le soleil couchant sur ce sommet qui me fait rêver. Il n’est pas à 4000 m et en est d’autant plus beau.
- Une cabane? Bertol (Val d’Arolla) ou j’ai travaillé comme gardien pendant un hiver entier.
- Un film de montagne? Fly the Alps, L’aventure de deux jeunes suisses très drôles qui ont traversé les alpes en gravissant le point culminant de chaque pays alpin.
- Une personne? Jacques Richon, c’est lui qui m’a tout appris en montagne. Après le décès de mon père, j’ai eu envie de continuer à faire de la montagne et ma mère m’a mis dans les pattes de ce guide, médecin à Air Glacier qui m’a tout appris en montagne.
Propos recueillis par Ignace Berret